G3NL4B : 54 spécimens, une évolution en cours

Des images d’êtres vivant deviennent des spécimens numériques, circulent entre écrans et papier, puis évoluent selon les interactions du public. Avec une première génération de 54 spécimens, un observatoire désormais accessible et une mutation programmée pour décembre 2026, G3NL4B entre dans une nouvelle phase de son développement.

La première génération de G3NL4B circule aujourd’hui sous plusieurs formes : images, animations, NFT, tirages limités et, pour certains spécimens, en tant qu’œuvres réalisées au traceur puis travaillées à l’encre. Un observatoire en ligne permet de suivre les interactions qu’ils suscitent. Ces rencontres avec le public vont déterminer lesquels seront conservés et lesquels donneront naissance à de nouvelles formes.

DU VIVANT AU SPÉCIMEN NUMÉRIQUE

G3NL4B s’inscrit dans mon exploration des « logiques discrètes du vivant ». Je m’intéresse à la manière dont des éléments simples, associés par quelques règles, peuvent produire une organisation reconnaissable. Un point, un lien, un champ coloré : ce vocabulaire réduit suffit à faire apparaître une silhouette, une présence, parfois quelque chose qui semble déjà nous regarder.

À partir d’images d’êtres vivants réels, je construis des spécimens numériques avec des programmes que je développe en collaboration avec une intelligence artificielle. BLK-C3LLS constitue l’une des bases de ce travail. Chaque spécimen rassemble des points, appelés aussi « nodes », leurs connexions et les champs colorés qui les entourent : les auras.

Son identité prend la forme d’un fichier JSON. Ce fichier décrit les positions, les dimensions, les couleurs et les relations entre ses constituants. Il devient ce que j’appelle son génome : une organisation que je peux interpréter, déplacer, animer ou transformer. Plusieurs apparences peuvent ainsi provenir d’une même description.

Dans « Autopsie d’un babouin algorithmique », j’ai décrit les traductions qui conduisent de l’image au fichier, puis du fichier au tracé et à la peinture. Ce passage entre différents états reste central dans G3NL4B. Le programme organise une forme ; le papier, l’encre et le geste lui donnent une autre présence.

UN OBSERVATOIRE POUR SUIVRE LEURS TRAJECTOIRES

Aujourd’hui, cette recherche possède aussi une dimension collective. L’observatoire G3NL4B, disponible en français et en anglais, rassemble les 54 spécimens de la première génération. On peut y parcourir leurs images, retrouver leurs animations NFT, consulter leurs indicateurs et accéder aux différentes formes proposées à l’acquisition.

Les interactions sont réparties entre trois scores.

L’Adoption mesure les acquisitions : NFT, tirages commandés en ligne et ventes directes. Elle constitue l’objectif principal du projet, puisqu’elle engage le public dans la conservation d’une forme.
La Curiosité rassemble les signes d’intérêt : likes, commentaires, enregistrements et ajouts au panier.
La Propagation suit la circulation des spécimens, à travers les vues et impressions sur les réseaux sociaux ainsi que leurs présentations dans le monde réel.

Ces scores permettent de comparer les trajectoires des spécimens au sein de leur génération. Les classements restent provisoires et évoluent avec les données recueillies. L’observatoire montre ainsi une situation en mouvement, dans laquelle chaque nouvelle interaction peut modifier la place d’un spécimen.

SIX MOIS D’EXISTENCE, PUIS UNE EXTINCTION PROGRAMMÉE

Le temps fait partie des règles de G3NL4B. Chaque génération dispose d’une durée de vie de six mois. Durant les deux derniers mois, son extinction devient progressive : les quantités proposées diminuent. Le protocole prévoit ensuite la destruction des tirages invendus, le retrait des NFT non acquis et l’effacement des fichiers d’identité qui ne seront pas conservés. 
La disponibilité des formes devient ainsi une composante de leur histoire.

Cinq survivants, vingt mutations

Deux trajectoires se dessinent à l’issue de ce cycle. Les cinq spécimens ayant obtenu le meilleur score d’Adoption seront conservés sous forme de fichier JSON. Les vingt spécimens ayant obtenu le meilleur score global subiront des mutations avant d’être diffusés à nouveau.

L’observatoire présente déjà ces deux sélections provisoires. L’échéance de mutation affichée pour la première génération est fixée au 21 décembre 2026 à 00 h, heure de Paris.

Des outils pour transformer les générations suivantes

Les prochaines évolutions de G3NL4B exploreront la transformation des spécimens et les traces laissées par chaque génération. De nouvelles images, animations et œuvres physiques prolongeront cette recherche, tandis que les interactions du public continueront d’orienter la conservation et la mutation des formes.

PARTICIPER À L’ÉVOLUTION DE G3NL4B

G3NL4B avance désormais à travers ces cycles de diffusion, de sélection et de transformation. Le public y participe par l’acquisition, mais aussi par les marques d’attention qui rendent les spécimens visibles et font évoluer leurs scores. Chacune de ces actions entre dans les règles qui décideront de leur conservation ou de leur mutation.

Explorer l’observatoire et participer à l’évolution des spécimens G3NL4B.

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