La notion de percept est une idée du philosophe français Gilles Deleuze. Il a déplacé la question de la représentation, du sens et du sujet dans l’Art vers la sensation, les forces et le processus. Pour lui, la Philosophie crée des concepts, la Science crée des fonctions et l’Art crée des percepts, des blocs de sensations inhérents à l’œuvre.
UNE BIOLOGIE IMAGINAIRE
Mon travail s’inscrit dans une recherche plastique autour des logiques du vivant : ses circulations, ses interdépendances, ses modes de croissance et de prolifération. Il ne s’agit pas d’imiter la nature, mais d’en rejouer des principes, d’en déplacer les règles pour faire émerger un vivant plastique imaginaire.
LES PERCEPTS : SYSTÈMES DANS LE SYSTÈME
Cet univers est structuré par des entités que je nomme des Percepts.
Ce sont des systèmes dans le système. Ils possèdent leurs règles propres, leurs comportements, leurs contraintes. Ils fonctionnent comme des organes ou des espèces : ni symboles, ni motifs décoratifs, mais unités actives d’un vivant plastique.
Chaque percept s’ancre dans une matérialité et un imaginaire précis : la tâche et l’eau (<iTACHYA), les strates (STRATUS), les structures coralliennes (RÉCIFS), les cristaux et la transparence (CRISTOBAL), le feuillage et le mystère (GUYANE), les points et lignes comme liens logiques (BLAAAK)
DESSIN & CODE
Au cœur de cette démarche, j’utilise le dessin et la programmation comme régimes complémentaires d’un même processus : je crée des conditions, des règles et des contraintes qui permettent à ces percepts d’interagir entre eux.
Le code est envisagé comme un milieu : un environnement dans lequel ces percepts peuvent interagir de façon dynamique, se transformer, se combiner, parfois s’opposer.
Le dessin constitue à la fois un arrêt sur image de ces dynamiques et une affirmation de leur matérialité : eau, encre, papier, bois, mais aussi la présence du geste, de l’erreur et du temps humain
À travers ces dispositifs, mon travail interroge la manière dont des systèmes abstraits (mathématiques, algorithmiques, graphiques) peuvent produire une sensation de vie, non comme imitation, mais comme expérience plastique et perceptive.


