Exposition de 50 dessins et peintures issus de la conception de 5 percepts : Récifs, Cristobal, Racines carrées, Guyanes et Chair à charbon.
Situé sur les hauteurs de la commune Rue Sainte-Croix, le Presbytère offre une vue dégagée sur le paysage normand et les toits d’ardoise du village de Cormeilles. Le bâtiment, date de 1762 et a été totalement rénové en 2020.
Richard Leydier est critique d’art et commissaire d’expositions, il vt et travaille à Paris. Il a organisé, entre autres, Visions – Peinture en France au Grand Palais (Paris, 2006, dans le cadre de la Force de l’art), Robert Combas, Greatest Hits (2012, au Musée d’art contemporain de Lyon), ou encore la Dernière vague – surf, skate et custom cultures dans l’art contemporain (2013, à la Friche Belle de Mai, Marseille, dans le cadre de Marseille-Provence 2013 Capitale européenne de la culture). Il a aussi un temps dirigé le Frac (Fonds Régional d’Art Contemporain) du Nord-Pas de Calais, à Dunkerque.
Il y a quelque chose d’encyclopédique dans l’art de Rémi Balligand. Comme une tentative de rassembler sous les auspices d’une même logique les fragments épars du monde. D’accorder ensemble des sonorités discordantes. Il a trouvé dans une idée deleuzienne, le percept, une manière de réinjecter un peu de cohérence dans un univers en apparence quelque peu déphasé, mais qui révèle une beauté particulièrement organisée lorsqu’on plonge au cœur de la matière.
En somme, le percept est ce qui est perçu par les sens, par opposition au concept, qui relève de l’intellect. Les figures se décomposent en effet d’une manière similaire selon l’ordre auquel elles appartiennent.
Leur structure est rhizomatique, on constate en effet que l’arborescence règne quel que soit l’ordre : le corail, les racines, les facettes du charbon, les paillettes du cristal, ou les ramures végétales.
Les réseaux innervent les corps à la manière de veines ou d’artères. Entre les récifs maritimes, la forêt ou les entrailles de la terre, la vie se fraye toujours un chemin.
Et ce chemin s’insinue dans des formes diverses. Sur le papier où les cercles composés évoquent des cultures laborantines de bactéries en boîtes de Pétri, ou bien lorsque les corps dessinent des mouvements dansés, toujours dans un équilibre qu’on imagine précaire. Ces corps se déclinent dans des tableaux, tandis que la troisième dimension est abordée sous la forme de sculptures dans l’espace mais aussi en bas-relief, bois gravés qui sont comme des épidermes tatoués en profondeur.
Cet art tire vers la musique et l’astrophysique et comme il ne cesse de relier entre eux des domaines qu’on pensait étanches, il semble recéler des développements infinis.
remiballigand.com
1, rue du Cambodge – 75020 Paris
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