Dessiner pour comprendre

Dessiner, pour moi c’est d’abord entrer en relation avec ce qui m’entoure. Je m’intéresse assez peu au fait de reproduire des apparences, je préfère essayer de traduire les forces qui animent la forme, les rythmes qui la structurent et les tensions qui la traversent. Le dessin devient une manière de décrypter, de suivre du regard et de la main les logiques à peine perceptibles, émergentes, qui donnent naissance au visible.

MÉMOIRES DES FORMES VIVANTES

Les formes du vivant portent en elles le temps de leur gestation, de leur développement et leur logique de subsistance : l’arbre porte ses saisons à travers son écorce, le cristal contient la trace de sa croissance, la plante capte et distribue son énergie grâce à ses feuilles et ses nervures, les récifs coralliens se constituent grâce à l’agglomération de micro-organismes. Mon dessin en retient des échos, des empreintes qui où se lisent à la fois le mouvement et la mémoire.

DIALOGUE ENTRE CODE ET TRAIT

Cette pratique dialogue avec la programmation générative (voir l’article Le Vivant comme programme). Là où le code définit des règles pour faire émerger des formes, le dessin en fixe une version sensible, presque organique. Les deux approches se répondent : l’une explore les possibles, l’autre en capture une trace tangible. Ensemble, elles permettent de construire un langage où se mêlent hasard, contrainte et intention.

LA TRACE COMME TÉMOIGNAGE

Au fond, dessiner, c’est pour moi donner une forme à la compréhension. Une façon de rendre visible ce qui, sans cela, resterait indicible : la manière dont les choses tiennent, se déforment, persistent. La trace qui en résulte n’est pas seulement une image, c’est le témoignage d’un dialogue entre la main, l’œil, et le monde.

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